Retour sur l’Atelier #2

Le 16 janvier a été l’occasion pour les étudiants et Alumni de Bordeaux Sciences Agro de se retrouver pour un atelier intitulé « Agriculture et circuits courts : doit-on choisir entre proximité et qualité ? ». L’événement a été animé par quatre intervenants :

L’événement a été animé par quatre intervenants :

  • Nathalie Corade, enseignante-chercheuse en économie territoriale
  • Yves Du Chazaud, diplômé en 1993, éleveur porcin et co-fondateur du groupement de producteurs Le Palais Fermier
  • Jacques Gautier, inspecteur national à l’INAO
  • Bruno Vitasse, diplômé en 2001, fondateur de Zone-AH, association œuvrant pour le développement de l’agriculture urbaine

Le portrait vidéo de Bruno Vitasse sera bientôt disponible sur le site internet de l’association dans l’onglet « Portraits d’Alumni » !

L’Atelier #2 a permis de bien faire la distinction entre circuits courts et circuits de proximité, le premier faisant référence au nombre d’intermédiaires lors de la vente des produits et le second à une proximité géographique : « circuit court n’est pas synonyme de local ou de vertueux »… D’ailleurs, contrairement à ce que beaucoup pensent, ce n’est pas le fait d’avoir des pratiques vertueuses qui pousse les agriculteurs vers les circuits courts et de proximité mais plutôt la vente sur ce type de circuits qui incite les agriculteurs à adopter une démarche vertueuse, souvent labellisée (agriculture biologique…). Les labels, en plus de rassurer le consommateur, protègent et permettent une mise en valeur des produits d’un terroir et des savoir-faire. Paradoxalement, ils peuvent parfois conduire à une spécialisation des régions (par ex., dans le Jura avec l’Appellation Comté)…

Si les agriculteurs prennent part aux circuits courts et de proximité, c’est que ceux-ci ont un avantage indéniable : les agriculteurs ne sont généralement pas formés à la gestion d’entreprise, ils délèguent aux coopératives et ne sont maîtres ni du prix d’achat des matières, ni des prix de vente… Le passage aux circuits courts permet au moins de maîtriser les prix de vente. « On se prend en main et c’est passionnant ! » (Yves Du Chazaud). De plus, lorsque le consommateur sait d’où viennent les produits, le goût des aliments en est tout de suite meilleur, ce qui incite les citoyens à s’impliquer pour soutenir la relocalisation des filières ! « Cette relation, nous l’avons oubliée pendant des années… » (Yves Du Chazaud)

Mais la relocalisation des filières ne s’arrête pas là. En effet, des méthodes alternatives apparaissent. En ville, on voit naître une agriculture dite « urbaine » souvent liée au développement d’une économie circulaire. Elle offre des possibilités tant en terme de recyclage des déchets qu’en terme de valorisation de l’espace urbain et les perspectives sont nombreuses…

Ce début d’année est donc marqué par une discussion autour de la relocalisation de l’agriculture, un sujet de plus en plus prégnant. La Loi d’Avenir pour l’Agriculture, l’Alimentation et la Forêt d’octobre 2014 a d’ailleurs intégré les notions de souveraineté alimentaire et les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT). Récemment, la Loi Égalité et Citoyenneté a fixé l’objectif de 20% de produits biologiques parmi les 40% de local dans la restauration collective à horizon 2020. D’autres mesures ont été prises notamment sur le foncier agricole dont l’obligation pour les Schémas de Cohérence Territoriales (SCoT) de conserver des terres agricoles en périphéries des villes (objectif de densification urbaine).

Un thème brûlant, mais aussi sujet de recherche pour de nombreuses personnes (nous citerons pour exemple Nathalie Corade ou Bernard Delhomme, enseignants-chercheurs à Bordeaux Sciences Agro) et source d’emplois pour nos Alumni, à commencer par Anaïs Huot et Damien Toublant, respectivement trésorière et président d’Alumni Agro Bordeaux !

Pour continuer sur cette thématique, nous vous invitons à participer le 16 février prochain à la deuxième édition de l’événement « Vous Pourriez Nourrir le Monde », organisée à Bordeaux Sciences Agro par différentes associations dont Alumni Agro Bordeaux et Ingénieurs Sans Frontières Bordeaux (présence de Brigitte Allain, députée de la Dordogne et à l’origine des PAT).

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